Faudra comprendre ici qu’intérieur rime avec l’endroit où je vis. Nous pourrions facilement y trouver le chemin qui mène vers mon for intérieur. De mon »fort » intérieur clame ma solitude mais ce sera pour une autre fois et libre à vous d’emprunter ce sentier.
Depuis que je vis seul, j’associe mon »home » à un petit voilier. Configuré: sloop, cotre ou ketch, tous les Garde-Notes me donnèrent l’impression de voyager dans mon immobilité. Je voguais sur l’océan Musique, n’accostant que sur l’îlot Travail , l’archipel Blogue ou les grandes îles de l’Amitié.
J’ai pris conscience à force de pratiquer les mêmes pièces musicales ces derniers mois que le petit navire ne larguait plus souvent les amarres. Moins d’excursions vers de nouveaux thèmes mais la consolidation de ce qui a été appris. Comme si j’étais en radoub.
Je me suis mis à regarder mon habitacle d’un nouvel oeil. Il ne bougeait plus. Tout semblait figé mais en même temps rassurant. Quoi comprendre?
Assis dans mon fauteuil préféré à écouter la radio ou un enregistrement quelconque… L’illumination… Pas les feux de saint Elme mais un retour vers le passé… J’entrevoyais la chambre d’étudiant que j’aurais aimé posséder.
Que dois-je comprendre? L’ado attardé que j’ai toujours été doit maintenant quitter le confort d’un passé enfin acquis. S’offrir à la vie… s’offrir la vie ???
Batture Fleuve du St-Laurent près de Rivière-du-loup
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« Ter »? Pourqoi reprendre le même article une troisième fois?
Pour sa dernière phrase. S’offrir à la vie… S’offrir la vie.
C’est fait, Je suis enfin un retraité véritable. Et surtout dans le lieu que je chéris depuis plus de quinze ans. La description que j’en fais est toujours valable sauf pour l’îlot travail. Retraite effective depuis le mois de mai. Belle reconnaissance de mes presque 40 ans de service, tant de la part des fondateurs de l’entreprise que de la famille toujours en place.
Que se passe-t’il dans ma vie depuis?
Je goûte pour la première fois le vrai sens de la retraite.
Je l’ai dit souvent ces derniers mois, la seule chose qui dirige mon agenda maintenant:
la météo. Justement j’utilise maintenant un calendrier . En premier pour ne pas oublier les rendez-vous et autres tâches auxquelles je m’oblige. Appelons cela mon devoir de mémoire avant qu’elle ne disparaisse. Pour ne pas y effacer tout ce qui est répétitif. Comme arroser les plantes, les prises de médicaments, les exercices de physio, le suivi de lectures et d’écriture. En préretraite et retraite maintenant, j’ai suivi le conseil lu quelque part. Qu’avoir un agenda et y noter ses activités faites et à faire enlevait l’anxiété de l’oisiveté. Cela paraît anodin mais au bout de la journée je m’aperçois que je suis actif un tant soit-il. Tous les jours m’astreindre à vivre ce que je souhaite maintenent rendu à l’âge de la retraite. Sans obligation. Abolir tout sentiment de culpabilité. Le judéo-chrétien veut parfois reprendre sa place. Il me faudrait trouver un saint patron procrastinateur.
Priorité absolue: des moments à ne rien faire. Rêvasser au lit, regarder par la fenêtre les arbres qui ne cessent de bouger et parfois remarquer que même le peuplier faux tremble est à l’arrêt, écouter le piano de Marc-André Hamelin ou Hania Rani en boucle, comprendre qu’une sieste n’est pas de la méditation sauf que le bénéfice me semble être le même.
Ces derniers mois furent aussi consacrés à mes recherches, impros et pratiques musicales. Je vous en mets quelques unes.
Je délaisse l’écriture pour la musique, de plus en plus mon unique maîtresse. Serait-ce l’Émergence d’un besoin, sentir l’urgence du temps qui me reste? Avec l’apprentissage de mon nouvel instrument de musique, je m’aperçois que je n’arriverai pas à posséder tous les arcanes du bidule.
Première fois vraiment où la gestion du temps me préoccupe. J’ai entamé au mois de mai mon troisième quart de siècle. Je ne sens pas ou presque le poids des années mais l’arithmétique en ce moment semble flirter avec l’exponentielle. Chaque anniversaire de naissance arrive bien trop rapidement. La biologie corporelle va réclamer son dû tôt ou tard. Comme me le disait mon médecin: il n’y plus rien qui soit sur la garantie. La mécanique semble tenir bon et c’est entre les deux oreilles que l’âge semble voyager dans le passé, éloigné »ma non troppo ».
Tout ce temps à pratiquer du Bach, Einaudi ou du Schubert; expérimenter de nouveaux sons ou séquences musicales s’est fait au détriment des mots. Moins assidu aussi à la lecture, ma PAL a atteint des hauteurs stratosphériques.
J’ai négligé aussi WordPress, tant pour la publication de nouveaux posts que pour la découverte de vos articles, je me reprendrai quand l’été ce fera moins ardent.
Il y a aussi un changement de décor. Vers une nouvelle maison de campagne et les péripéties y menant.
Quand tout sera coulé dans le béton je vous raconterai.
Me voici de retour avec à la clef une autre raisons ce long hiatus. Ma rencontre avec mi bémol et son pote do mineur. En voici un bref aperçu, différents thèmes que je potasse et repotasse depuis tout ce temps… À trouver: le bon ordre et les bonnes durées. Version plus fignolée pour bientôt.
* C’est à cause du manque de volonté planétaire si nous eûmes à vous enfumer. Encore ce matin l’endroit avec la température la plus élevée au Québec: Kuujjuaq dans le nord du nord. Facile à trouver dans Google.