Publié par : Jacques Grégoire | 2022/08/06

WD Jackie

Il y avait un soleil resplendissant. La température idéale pour grimper au haut de l’Empire State Building. Jackie faisait partie d’un groupe de jeunes femmes de la RCAF (Royal Canadian Air Force).qui venait d’envahir l’observatoire du 86ième étage.Elles ne  détonnaient pas avec leurs uniformes..Tous ceux et celles sur place ou presque  le portaient en ce beau dimanche de juin 1944. Nous étions encore en guerre. Mais l’air était à la fête. Le débarquement  des Alliés quelques jours plus tôt sur les plages de France laissait entrevoir une fin probable du conflit. 

La joyeuse bande s’émerveillait de la vue sur la ville en plein cœur de Manhattan. Jackie comme les autres attendait  pour  utiliser les jumelles de touristes. Juste derrière elle, une copine de baraquement lui fit remarquer sa pâleur.

–Peut-être, répondit-elle, le repas de la ‘’galley’’ ce midi ne passe pas bien. 

Son tour arriva et elle pu contempler l’imposant panorama.  Elle pivota du fleuve Hudson lentement vers l’East River mais soudainement tout se mît à tourbillonner. Elle voulut se retenir aux jumelles, un immense bourdonnement l’enveloppa  et la tour au-dessus d’elle se mit à valser. 

Quelqu’un s’exclama:

–Vite de l’aide, Jackie ne va pas bien! 

Une fulgurante douleur lui taraudait les entrailles.Deux GI tout proches l’attrapèrent  et l’étendirent sur le sol. Au même instant, un lieutenant se pencha sur elle. 

–Je suis médecin dans la Marine, je m’en occupe.

 Ce furent les dernières paroles qu’elle entendit. 

Jackie sentit du mouvement autour d’elle. Elle avait de la difficulté à bien se situer. Elle était couchée. Elle voulut ouvrir les yeux mais la lumière entre ses paupières lui vrilla le cerveau. 

Quelqu’un lui parlait en anglais: .

–Bonjour miss Samson, ne bougez pas trop. Le docteur Létourneau va venir vous voir sous peu.

Elle  réussit à ouvrir les yeux. Elle était  sur un lit d’hôpital, une infirmière lui souriait. 

–Soyez sans crainte, tout va mieux maintenant. Le docteur arrive.

Du fond de la salle, elle vit un officier se diriger vers elle. Il lui parla en français.

–Bonjour mlle Samson, je me présente, Michel Létourneau, lieutenant de la Marine Canadienne. Comment vous sentez-vous ce matin? Avant que vous répondiez, je suis aussi médecin et j’étais là quand vous vous êtes évanouie.

Jackie essayait de ramasser ses idées. Mais il y avait toujours un fond de brouillard.

–Il me semble vous reconnaître. Qu’est-ce qui m’est arrivée?

Le docteur s’approcha et s’assit au pied du lit.

–Vous avez été très chanceuse que j’aie été sur place lors de votre perte de conscience. Nous avons pu vous transporter rapidement vers l’hôpital où vous vous trouvez en ce  moment. Je suis ici pour participer à des expériences sur un nouveau médicament qui pourrait sauver des vies sur les champs de bataille mais aussi pour la population en générale.  

Jackie l’interrompit:

–Mais qu’est-ce que j’ai eu et quelle expérience avez-vous essayée sur moi?

Le jeune lieutenant reprit d’un air rassurant.

–Vous êtes passée à deux doigts de la mort. Vous avez eu une septicémie. Une infection qui aurait pu être fatale. Mais avec la permission de mes officiers supérieurs et des chercheurs sur l’étude des antibiotiques, nous vous avons administré de la pénicilline. Le traitement a commencé il y a trois jours et se prolongera encore pour au moins une semaine. 

–Mais je ne peux pas. Quel jour sommes-nous? Trois jours que je suis ici? Je dois embarquer pour l’Angleterre lundi le 12 juin..

Le dr Létourneau la regarda d’un air navré

–Nous sommes mercredi le 14 et personne ici n’aurait accepté de vous laisser partir. Et même après votre traitement dans une semaine vous devrez rester à notre disposition pour le suivi de l’expérience. Pour cela vous serez retournée à votre base canadienne où un médecin chercheur continuera le traitement jusqu’à votre complète guérison.

La déception se lisait sur le visage de Jackie. Fini les rêves de voyage en Angleterre.

–Le médecin qui vous suivra ne sera pas obligé de connaître les raisons de votre septicémie. Encore ici vous avez eu la chance d’avoir une amie qui m’a avisé, seul à seul, de votre visite chez une faiseuse d’anges. Cela nous a permis de vous prodiguer les soins les plus adéquats et le plus rapidement possible. Cependant vous devez savoir que la possibilité pour vous d’avoir des enfants ne sera pas assurée.L’avenir seul le dira. 

Jackie pleurait tout doucement, la tête appuyée sur la vitre du train qui la ramenait vers Rockliffe, Ottawa.

N.B. Cette histoire est totalement imaginaire.

Seul le prénom Jackie est réel, celui de ma mère adoptive. Sur la photo il faut trouver la flèche la désignant.

.WD, surnom donné aux femmes enrôlées dans la RCAF (Women’s Division)

.Ce que l’on écoutait à la radio en 1944.

Publié par : Jacques Grégoire | 2022/08/04

Adoption et Syndrome de la Cellule. suite et fin

Comment faire le lien entre mon adoption et ce bien-être que je retrouve dans des endroits réduits? À quel endroit avons-nous tous été en totale sécurité?

Dans le sein maternel.

Ma mère biologique savait dès le moment où elle devint enceinte qu’elle devrait me donner en adoption. Cela dès ma naissance. Les mères célibataires n’étaient pas bien vues en cette époque  »pré-Révolution Tranquille ». Je vous ai mis un lien vers un rapport sénatorial canadien titré  » Honte à Nous » *.

Malgré tout, j’ai la ferme conviction que ma mère a vécu une grossesse en étant bien entourée. La rumeur voulant que le père fut un notable de la région du Saguenay ou du Lac St-Jean. Preuve que je viens de d’une de ses régions, j’ai un un problème génétique propre aux jeannois ou saguenéens.

Nous entrons ici dans la matrice imaginaire que je commençai à créer au milieu de l’adolescence. Nous suivrons un ordre chronologique mais leurs manifestations furent éparpillées dans le temps. Afin d’alléger le texte nous différencierons mes deux mères: Maman A pour adoptive et Maman B pour biologique.

Neuf mois dans le confort utérin de Maman B ne souhaitant que le mieux pour cet enfant qu’elle ne connaîtra jamais. J’aime croire qu’elle écoutait beaucoup de musique ou était-elle musicienne? Je me demande si elle n’aurait pas écouté pendant son séjour à Québec une émission radiophonique quotidienne ayant comme thème une valse de Brahms**. Thème musical qui me marquera, nous le verrons plus tard.

Je suis né en mai***, le printemps que j’aime bien mais pas autant que l’automne moment où censément je fus conçu. Très probablement un souvenir automnal que devait chérir Maman B.

J’arrive. Le choc de la naissance. Il n’y a pas que le cordon ombilical qui est coupé. Pour ajouter à mon désarroi je n’entendrai plus la voix apaisante de Maman B. Mes premiers besoins de réconforts obnubilés. Vous me voyez arriver avec mes petits petons. (un peu trop tôt pour parler de sabots)

Et voilà!!!! Mon cri primal. Ce besoin de retrouver celle qui m’a porté. Le bien-être du foetus. Tout en confinement.

Mais j’aurai à vivre une deuxième gestation. Neuf mois passés avec les Soeurs du Bon Pasteur. Comme le montre les photos les nourrissons sont rarement hors de leurs bassinettes ou de leurs parcs à bébé. Aurais-je vécu un conditionnement répondant?**** Avoir fait de ma bassinette un lieu où je me sentais en sécurité. Quatre parois rapprochées. La génèse du Syndrome de la cellule.


Ma soeur, mon frère et moi aimions dire que nous avions été choisis. Surtout à cette époque où les bons curés veillaient à ce que leurs paroissiennes fassent leurs devoirs conjugaux.

Comment! Presque 2 ans sans pouvoir baptiser votre neuvième ,dixième ou quatorzième, aimaient sermonner les vicaires de l’Église catholique et omniprésente.

On peut comprendre que ceux et celles qui naquirent dans ces conditions ne furent pas toujours accueillis avec autant de bienveillance sinon carrément privés d’attentions maternelles.

Selon ce que racontait Maman A, lorsque vint le temps de choisir le fils tant espérer, elle aurait jeté son dévolu sur le parfait bébé tout blond et joufflu. Mais le voisin juste à côté fut le seul à lui tendre les bras. Elle ne put résister. Février 1950, j’avais une mère, un père, des grands-parents, oncles, tantes, cousins et cousines.

J’aurais aimé croire que Maman B fut musicienne. Mais comble du bonheur, Maman A était pianiste. Conservatoire tout au long du primaire et secondaire, bonne accompagnatrice. Dès mes premiers moments dans ma nouvelle vie, le piano était présent.

C’est ici que je fais le lien entre mes deux mères. Maman A comme vous pouvez l’imaginer était souvent assise au piano, pour les réunions familiales, les fêtes d’anniversaire, les sauteries entre amis et surtout pour le plaisir des enfants.

Et il y avait une pièce que je souhaitais toujours entendre, la valse de Brahms. Ma musique réconfortante par excellence. Celle au piano par Maman A et la version orchestrale pour Maman B. Le lien qui aurait uni les deux premières femmes dans ma vie.

Mais il ne faut pas oublier, le destin n’aurait pu mieux faire, une mère qui me permit de développer mes talents musicaux dans une famille qui fut somme toute normale mais avec des épisodes hors normes. Le bonheur avec ses hauts et ses bas.

N.B. Vous remarquerez que je ne joue pas la valse de Brahms. J’ai souvent essayé de l’apprendre mais mon rendu ne rejoint jamais le souvenir que j’en ai. Je laisse aux virtuoses le grand plaisir de m’offrir le réconfort de cette pièce. Je me rappelle d’avoir écouter en boucle la version orchestrale sur le système RCA Victor HiFi de mes parents sur disque 78 tours.

* https://sencanada.ca/fr/info-page/parl-42-1/soci-mandat-adoption/

** Valse de Brahms La majeur, op. 39 #15  » Thème de Maman B »
Valse de Brahms au piano de Maman A

*** Crèche St-Vincent-de-Paul http://www.ipir.ulaval.ca/fiche.php?id=982

**** Conditionnement répondant

Publié par : Jacques Grégoire | 2022/07/26

Adoption et Syndrome de la cellule

N’ayez crainte je ne commencerai pas ici un réquisitoire pro-vie ou pro-choix. Les politiciens et la religion ne devraient pas s’acoquiner, c’est toujours au détriment de la population. Fin de l’éditorial.

Allons-y droit au but: j’ai été adopté. J’avais 9 mois, ma mère adoptive ne pouvant avoir d’enfant. Je suis l’aîné, d’une fratrie de trois. Une soeur et un frère qui sont arrivés 4 et 6 ans plus tard. Nos parents nous ont appris très jeunes que nous venions de l’adoption. Nous formions une famille unie, nous avions un père et une mère. Jamais nous avons essayé de retrouver nos parents biologiques. Voilà pour la mise en situation.

Dans un article d’avril 2010, mes premières constatations du syndrome de la cellule:

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Bien peu de temps ces derniers temps pour le blog et la musique.

Je viens d’emménager dans mon nouveau Garde-Notes. Un peu plus petit,  aussi bien éclairé et mettant fin à ma zoothérapie avec Tite-Mine dite  Bibelot, elle crèche maintenant chez ma fille et sa mère.

En réduisant la superficie de mon home, je me demande si je n’aurais pas le syndrome de la  »cellule ». Comme si je me sentais mieux dans un endroit confiné. J’aurais pu facilement survivre à un long emprisonnement.  Il m’aurait fallu cependant toute ma quincaillerie musicale et informatique.

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Dès ma plus tendre enfance, j’aimais me cacher dans des endroits exigus, sous le meubles, dans le fond d’un placard ou d’une armoire. Souvent je m’y endormais au grand dam de mes parents. Dans un des nombreux logis que nous avons habités il y avait dans la chambre de ma soeur, un garde-robe genre walk-in avant la lettre. Nous aimions, elle et moi, y créer des univers allant de la  »Roulotte à Patate » * au vaisseau spatial. (essayer de reproduire celui dans  »Opération Mystère » **)

Il y eut aussi les cabanes dans les bois au chalet, mon petit coin dans le  »tambour » *** sur la galerie arrière de l’appartement. Voilà pour le volet historico-québécois.

Comment faire le lien entre mon adoption et ce bien-être que je retrouve dans des endroits réduits? À quel endroit avons-nous tous été en totale sécurité?

Suite à venir…. Très bientôt…

Petit intermède musical:

J’ai commencé à remasteriser des pièces enregistrées avec la vieille quincaillerie. Comme WordPress nous donne le nombre de téléchargements des fichiers mp3 mis en ligne, je commence par celui le plus écouté. Il n’y a pas une semaine sans qu’on le télécharge. Merci de votre écoute.

 »Mois de mai et ses sentiers parcourus »

2022.07.26 bis 21.05.27 mois de mai

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*Roulotte à patates
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** Opération Mystère. Émission Jeunesse Radio-Canada 1957-58. La moitié des écoliers étaient en amour avec Luce (Louise Marleau) l’autre moitié c’était des filles.
*** Tambour. Seule image trouvée montrant un tambour de Limoilou, quartier de la ville de Québec. Tambour parce que protégeant l’escalier menant aux appartements.
Publié par : Jacques Grégoire | 2022/07/16

Dialogues avec Gerhard le Campagnard


En plein farniente
Il faut c’est l’été

Y a mon ami Gerhard
Hé oui le campagnard

Il souhaite dialoguer
Avec mes doigts à délier.

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Retour à la maison de campagne avec ma toute nouvelle quincaillerie d’enregistrements.
Après les ajustements d’usage et tests de son.
Première prise: reconnaissance et réappropriation du clavier.

Impro afin d’évaluer les différentes sonorités.

14 minutes à la va comme j’te pousse.

Tout le plaisir de jouer de la musique et de sentir l’instrument vivre sous mes doigts…

Harmonies naturelles à la clef.
La précision d’un clavier électronique n’égalera jamais la sonorité d’un vrai piano.

Un son qui vous enveloppe.

Chaque corde ( trois par notes) en vibrantes harmonies.
Merci à la maîtresse de céans et aidante naturelle de Gerhard qu’elle accorde elle même.

Pour les puristes et autres oreilles absolues pas au ton naturel de 440.

Pour ménager l’instrument qui fut construit en 1906.

2022.07 14 Dialogue avec Gerhard

Enregistrement avec: Micros AKG 120 et Shure PG58, Pré Amplificateur U-phoria UMC204hd, Logiciel Cakewalk de BandLab, Piano Gerhard Heintzman 1906.

Ce fut de magnifiques journées d’été.

La campagne québécoise dans toute sa splendeur estivale.

Vue de ma chambre à mon réveil.
Devant la maison. Montagnes au loin: Maine, USA
Petit matin
Publié par : Jacques Grégoire | 2022/07/04

Train-Train à couper le sifflet

Il y a longtemps que je me suis assis sur mon balcon, le parasol se balançant sous une douce brise matinale. Le café tout près avec le chant des merles, chardonnerets et bruants chanteurs plein les oreilles. Que du bonheur!

Je demeure près d’une route provinciale qui fut jadis le seul lien direct vers la Beauce et la frontière américaine. Elle mène aussi vers le pont de Québec qui permet depuis plus de cent ans de traverser le fleuve Saint-Laurent. Pont ferroviaire lors de sa construction auquel on ajouta des voies permettant la circulation automobile.

Pourquoi cette description géographique de mon lieu de résidence? Vous aurez deviné qu’il y a en face de chez-moi une route provinciale et derrière une rail de chemin de fer. La vue de mon balcon situé à l’arrière, comme vous le voyez sur les photos, donne sur beaucoup d’arbres. On a pas l’impression d’être au centre-ville de Charny.

Agglomération qui fut à la fin du XIXième siècle et première moitié du XXième une gare de triage importante pour le transport ferroviaire canadien d’est en ouest situé sur la rive sud du Saint-Laurent. Auquel s’ajouta le lien nord-sud grâce au pont.

Or, donc et alors diriez-vous, comment fait-il pour vivre dans cet environnement sonore? La circulation automobile ne me dérange presque pas, sauf pour ces engins à deux roues dont la hauteur des décibels est inversement proportionnel au civisme de leurs propriétaires. Qui plus est, je n’ai pas de fenêtre qui donne sur la rue.

Par contre la voie ferrée se trouve à moins de 100 mètres, je vous confirme que cela peut-être bruyant. Non pas la circulation sur rail, c’est tolérable mais par l’utilisation qu’on fait du sifflet des locomotives, là c’est une autre paire de manches (d’oreilles?)

Parce que voyez-vous, il y a un passage à niveau qui croise la route à environ 300m. Et les opérateurs doivent siffler au moins 4 fois avant le dit passage. Certains surtout ceux des trains de passagers y mettent tout leur coeur. Il faut compter huit passages de trains passagers et plus ou moins une dizaine de trains marchandise ou autres à tous les jours.

Il y a depuis quelques années un regroupement de citoyens qui fait pression sur la ville pour empêcher l’utilisation des sifflets en zone urbaine. Il semblerait que cela devrait cesser d’ici la fin de 2022. Souhaitons le ardemment surtout pour le musicien que je suis, certains de ces sifflets pneumatiques vont en trio et ils ne sont pas toujours accordés. C’est ajouter l’insulte à la blessure de mes oreilles. Et dernier point pour ceux ou celles qui ne le sauraient pas. Je possède des oreilles bioniques. Pour un surdité moyenne et qui m’offre ainsi la capacité de régler le niveau de ce que j’entends ou écoute. Certains collègues et amis prétendent même que je fais de la discrimination auditive.

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Et les quelques images de mon chez-moi.

Recherches d’instruments et sons pour une pièce évoquant justement un train passant dans le lointain.

Le produit fini arrivera sous peu.

Publié par : Jacques Grégoire | 2022/06/25

Une Révolution intérieure tranquille? Partie 2

J’ouvre les yeux. Quelqu’un me regarde. Assis sur un squelette de Triumph Bonneville sans roue. Il sourit. C’est M., l’ami gourou, sympathisant de moto. Je sens qu’il comprend mon état. Il lève le bras. M’indique-t-il un chemin à suivre? Pourquoi suivre une autre route? La musique est la voie à suivre. C’est ce que je viens de comprendre, lui dis-je. Que non, rétorque-t-il. La liberté, c’est filer droit devant, ne jamais se laisser diriger. Je sens le poids de son regard et toutes ces questions qui surgissent de partout.

Et quand je dis de partout…..

Pourquoi mon corps qui vibre?  Pourquoi ces halos qui irisent tout ce qui m’entoure? Pourquoi les objets semblent-ils posséder leur vie propre? Quelle est cette lumière qui semble venir de ce regard lourd et lointain? Va-t-elle m’atteindre? D’où viennent ces pensées qui m’assaillent?  Sont-elles miennes? Que veulent dire ces sourires? Apaisement? Connivence? Complicité? 

Oui, ce doit être cela.  Mon moi-même  plein de lumières qui revient. Voilà  mes pensées en pleine farandole. Joie indicible. Plus besoin de m’exprimer. Tout est dans tout. Ton sourire, mon sourire. Ton regard, mon regard. Tes pensées, mes pensées. 

Il y a ma mâchoire qui se crispe. J’esquisse un bâillement pour retrouver la sensation du sourire d’il y a…. si longtemps. La vibration qui revient et s’accentue… Le salon où nous nous trouvons n’offre plus les garanties de la géométrie euclidienne. Étais-je assis ou debout? Les murs rejoignent-ils le plafond? Y a-t-il un plafond? 

Mon accompagnateur, R , me parle. Que des sons lointains, incompréhensibles. Il me dirige vers un canapé. Où nous nous assoyons.  Son intervention semble avoir atténué un tant soit-il mes sensations physiques? 

Je scrute la pièce qui a retrouvé ses dimensions à peu près normales. Je demande si cela est terminé maintenant.  Tous se regardent avec le sourire aux lèvres d’où sort maintenant une cascade de rires…. Pourquoi cette hilarité générale? Chaque son émis prend vie et virevolte dans ma direction. Pourquoi vers moi? Quand soudain il y a mes pensées qui prennent le chemin inverse. Elles se dirigent vers tout un chacun. Ou est-ce le contraire? Qu’est-ce que je comprends maintenant? Que je n’aurai plus jamais rien à cacher. Sentir le vide qui prend toute la place au creux de mon estomac, jusqu’au bout de mes tripes. 

Tout semble se figer. Une grande respiration, mon regard qui implore. Laissez-moi mes illusions, ma réalité, déformée par les demi-vérités dont je me suis nourri depuis si longtemps. Et ça repart. Tout se désagrège. Effritement continu, parcelle par parcelle, vers ce gouffre qui semble tout attirer. Maelstrom aux antipodes des élévations ressenties dans ces cosmos neuronales.  Il faut revenir comme avant. Ai-je encore un avant?  À la recherche de pensées qui soient réellement miennes. Je suis assis sur le sofa, je suis en larmes.

Toujours sur son squelette de moto, M me dévisage. Il me lance:‘’ Musique ou liberté. Pour les deux il faut vivre et  ne penser que par la vérité. Maintenant tu peux connaître le sens de STP sur le buvard. Sauve Toi Pas.’’  Suivi d’un grand éclat de rire. Une parcelle de compréhension, enfin.

R me réconforte comme il peut. Il décide de me faire prendre l’air. Nous sortons. Bouger me fait du bien. Être moins entouré semble m’apaiser. Nous décidons qu’en revenant j’écouterai un peu de musique. R me suggère ‘’I’m fixing a Hole’’ des Beatles.

Prémonitoire

Fixing A Hole »

I’m fixing a hole where the rain gets in

And stops my mind from wandering

Where it will go

I’m filling the cracks that ran through the door

And kept my mind from wandering

Where it will go

And it really doesn’t matter if

I’m wrong I’m right

Where I belong I’m right

Where I belong

See the people standing there

Who disagree and never win

And wonder why they don’t get in my door

Installé devant le petit pickup, ce fut la lente remontée. Récupérer mes justes  perceptions, remplir le creux au fond de mes tripes. Cette première expérience psychédélique en fut toute une. Hallucinations multiples, extases, paranoïa, expérience extra-sensorielle, conscience exacerbée aux confins de l’inconscient collectif. Ce fut aussi un exposé que je fis pour mes cours de philo. Mes profs semblèrent apprécier. Ce qui m’aura permis aujourd’hui de pouvoir me remémorer et de le partager.

En conclusion, toujours être accompagné quand vous tentez de nouvelles expériences pouvant comporter des dangers. Tout cela dura une douzaine d’heures.

Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou décédées n’est pas fortuite. Si jamais vous vous reconnaissez, faites-moi signe. Vous pourriez ajouter vos souvenirs aux miens. 

Publié par : Jacques Grégoire | 2022/06/22

Découverte musicale et retour dans la nature

Plus de 3 semaines sans écrire. Le syndrome de la page blanche n’y est pour presque rien. Comme l’indique le titre, les deux maîtresses dans ma vie, la musique et Mère Nature s’employèrent à ce que je n’aie d’yeux et d’oreilles que pour elles.

Pour la musique cela débuta avec la dernière visite de mon fils. Il avait apporté avec lui sa nouvelle guitare.

Une Fender Telecaster que j’avais bien hâte d’essayer. Les connaisseurs sauront comprendre la jubilation du paternel. Il n’y eut pas seulement la guitare qui me surprit. Les progrès de l’héritier sont fulgurants. Il s’est remis à pratiquer depuis 7 ou 8 mois mais je ne m’attendais pas qu’il ait retrouvé et amélioré sa dextérité aussi rapidement. Son secret:  »Backtracking ». Je vous mets le lien Wiki.

https://fr.wiktionary.org/wiki/backing_track

Pratiquer sur une pièce connue dont on a enlevé l’instrument que vous souhaitez améliorer.

Ce fut un bel après-midi à se renvoyer un  »riff » après l’autre avec l’aide de BB King sans BB King ou le groupe Polyphia entre autres. Partager les vieux trucs avec les nouveaux.

Dès son départ, des recherches pour trouver aussi des morceaux à mon goût. En furetant çà et là. Tiens WikiLoops.. Allons-y voir. Eurêka. Après quelques tâtonnements pour apprendre les qui, que, quoi, comment et vogue mon petit navire musical sur une nouvelle mer pleine d’escales à découvrir.

En trois mots: plaisir, joie et bonheur. Apprendre, jouer et partager la musique avec de vrais musiciens qui mettent leurs talents gracieusement à notre disposition. Et ils viennent de partout sur le globe.

Je vous mets ma première expérience: Sunrise Colors. À la guitare un Français, suite d’accords de son cru, l’accompagne un américain à la batterie. C’est sur sur cet enregistrement que j’ajoute ma guitare et le vibraphone. Quelques accrocs mais une seule prise par piste, pour vous donner ce qu’est le plaisir d’improviser entre musiciens même à distance.

De Wikiloops 156186

Pendant que vous écoutez cette improvisation, une série de photos de différents parcs et autres sites du comté de Portneuf sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent près de Québec. Promenades avec des amis ornithologues, botanistes en devenir. Juste de l’observation sans le devoir de tout noter et herboriser. Debout aux aurores, odeurs et ramages en continu. Passer le reste de sa journée en contemplation ou presque. Mais surtout il fait chaud agréablement. La canicule ne se presse pas de ce côté-ci.

Cap-Santé, village sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent et le long du Chemin du Roy, première route traversant la Nouvelle-France.

Publié par : Jacques Grégoire | 2022/05/28

Renouvellement Quincaillerie Musicale

Comme certains d’entre-vous mes bidules musicaux étaient passés date ou avaient rejoint la cyberéternité. (je pense ici au Tosh de Jourd’hu)

Tellement obsolète que les fabricants ne se donnaient plus la peine de faire les pilotes pour Widows 10.

Acheter un nouveau piano électronique… Pensions et travail à temps partiel n’arriveront même pas à juguler l’inflation.

Après quelques recherches, la solution économique se résuma à me procurer une sorte d’interface qui peut tout brancher: système midi, analogique, micros, guitare, clavier et vogue la galère.

Votre humble serviteur, lui aussi obsolète devant ces technologies au goût du jour , dut réapprendre le b.a.-ba presque du début. Du rebranchement aux différentes techniques qui évidemment se sont améliorées. à mon grand plaisir et au vôtre aussi dans ce premier essai que vous pourrez écouter.

Chaque instrument: piano, ensemble de cordes et la basse fretless. Sont enregistrés en jouant sur mon vieux Korg grâce au système MIDI qui contrôle les instruments sélectionnés sur le synthétiseur virtuel Cakewalk de mon presque vieux laptop. Le tout que je remixe et masterise aux mieux des nouvelles connaissances. Comme toujours c’est l’improvisation qui dirige cette pièce et aussi ma vie mais il ne faut pas en parler à mon comptable.

N.B. Étant donné ce nouvel apprentissage, j’ai négligé l’écriture mais j’y reviens.

Publié par : Jacques Grégoire | 2022/05/18

Printemps tardif suivi de chaleur enfin

De ce côté-ci de la grande mare, le printemps s’est fait attendre. Et enfin les derniers jours se réchauffèrent au point de friser les records de température pour un mois de mai. Presque la canicule.

Tout un réveil pour la flore. Quelques photos prises sur le sentier pédestre longeant la rivière Chaudière. Le tout se terminant avec un peu d’histoire sur la famille Breakey qui fonda cette petite municipalité de la rive sud de Québec.

N.B. Vous pouvez cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Le chemin de fer suivait le sentier
Excusez l’angle

Appareil photo utilisé: Canon Rebel EOS 7D Lentille 17-85 ml

Retour vers une impro évoquant mes sentiments sur le mois de mai.

Publié par : Jacques Grégoire | 2022/05/10

Dimanche o’soère

Il y a eu les sam’di soère, il y a aussi des dimanche o’soère.

Identiques et différents comme les impros qui les font vivre.

Improvisations libres: en terrains connus, durée: 7 minutes, nombre de notes: illimitées.
Publié par : Jacques Grégoire | 2022/04/30

Une Révolution intérieure tranquille? Partie1

Véritable esquisse de la pochette

A Day in the Life: à écouter pendant la lecture.

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Printemps 1969. Nous sommes un petit groupe d’élèves, fin du secondaire, à découvrir les joies et plaisirs de la contestation. Rien à voir avec les soixante-huitards européens. Une petite bande de joyeux lurons voulant faire fi de l’autorité avec un grand A, pour nous la direction de notre institution scolaire. Du moins le croyions-nous. Grâce à nos lectures, musiques, films ou reportages sur la contre-culture. Celle qui prenait source dans le mouvement hippie, Peace & Love made in USA dans les années 60. Cela commençait à peine au Québec surtout après Expo 67 avec toutes ses ouvertures sur le monde. Notre révolution tranquille.

Mais revenons à ce printemps 69. L’époque des premières expériences de Paradis Artificiels et surtout la plus marquante pour moi , le premier trip de LSD.

Nous sommes réunis chez le plus vieux d’entre-nous. Un peu notre gourou,. Il est d’ailleurs au collège sous ordonnance de la cour. Selon lui pour vagabondage dans un coffre-fort. Il nous aide à prendre cette expérience avec beaucoup de précautions. Cette journée là nous étions deux à faire le saut dans l’inconnu. Nous accompagnaient 2 ou 3 acolytes pour nous surveiller pendant cette eucharistie psychédélique, un petit buvard avec le logo STP. J’en apprendrai la signification plus tard… .

Comptez environ une heure avant les premiers effets. Quand était-il? Tels que racontés par tout un chacun: couleurs vibrantes, le pas incertain, périodes d’hilarité et tutti quanti. Pour moi ce fut les céramiques de la salle de bain qui bougeaient chacune à leur façon, périodes d’hilarité aussi. J’apprivoise ces nouvelles sensations. Il y a de la musique psychédélique en sourdine: Vanilla Fudge, Cream, Iron Butterfly. Terrain connu, rassurant comme les amis gardiens. Et me voilà à mélanger ou démêler sons et couleurs. Profondeur et hauteur pareillement. Tout est chatoiement, irisation, brillance. Je me crois capable de diriger ce déferlement de couleurs.

Quand soudain mon moi-même tout plein et entouré de lumières est attiré par le son sortant du tout petit pickup où on vient de mettre le long-jeu Sargeant Peppers des Beatles. Malgré la petitesse du seul haut-parleur, la magie de ce monument de la musique pop fait son oeuvre. À cette époque je suis guitariste pour ce qu’on appelle aujourd’hui un ‘’Band de Garage’’. Nous jouions entre autres ‘’A Day in the Life’’ et ‘’A Little Help From my Friend’’. Vous comprendrez l’influence qu’avait sur moi la musique du ‘’Fab Four’’.

Je m’assieds et ferme les yeux. C’est au tour de mon ouïe de prendre les commandes de la manœuvre. Mais la vue ne veut pas être laissée en plan. Les couleurs continuent à s’étirer en allers-retours au rythme de la musique. Je sens que j’apprivoise bien cette mouvance sensorielle. Chacune des musiques écoutées m’ouvrent les portes d’univers insoupçonnés. Toujours les yeux clos comme si je craignais que le charme disparaisse. 

 Arrive la pièce ‘’A Day in the Life’’.  Je chevauche une fusée en forme de guitare. Je suis entraîné à la vitesse de la lumière. Et plus même, je traverse des galaxies les unes après les autres, lumineuses, gigantesques spirales tournoyantes. La pièce se termine. J’aurais voulu que cela n’arrête jamais. Est-ce cela l’illumination, l’extase?

 J’ouvre les yeux. Quelqu’un me regarde. Assis sur un squelette de Triumph Bonneville sans roue. Il sourit. C’est l’ami gourou, sympathisant de la moto. Je sens qu’il comprend mon état. Il lève le bras. M’indique-t-il un chemin à suivre? Pourquoi suivre une autre route? La musique est la voie à suivre. C’est ce que je viens de comprendre, lui dis-je. Que non, rétorque-t-il. La liberté, c’est filer droit devant, ne jamais se laisser diriger. Je sens le poids de son regard et toutes ces questions qui surgissent de partout. Et quand je dis de partout…..

(à suivre…)

© Jacques Grégoire

Publié par : Jacques Grégoire | 2022/04/28

Le Bain du Samedi Soir ♫♪♪♫ En Notes ♫♪♪♫

Samedi enfin !!!

Décompresser surtout.

S’installer au Piano…

Faire le vide

Allegro ma non troppo.

Laisser l’intuition

Choisir un chemin.

Sans quoi?

Se laisser glisser

Dans un bain de notes.

Un spa musical??

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N.B. Reprenez la lecture en commençant par la fin

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Pendant des lustres, mes samedis soirs furent presque exclusivement occupés par la musique.

Je venais de terminer ma semaine de travail.

Besoin de décompresser et au fil du temps l’habitude s’est incrustée.

Musique, bières ou bon vin, le tout accompagné d’un en-cas plus ou moins santé.

Notes et mots plus souvent qu’autrement se bousculant au portique ou à la portée.

Cette époque est maintenant révolue, chaque jour est devenu un samedi.

Le Travail en moins.

Enregistrement sur Piano droit Gerhard Heinttzman1906, Sonar Power Studio et Cakewalk.

Venant d’articles déjà publiés et remaniés.

© Jacques Grégoire

Publié par : Jacques Grégoire | 2022/04/20

Le Bacille Homo Sapiens

Éparpillement. Peu d’inspirations ce matin.

Shangri-La, le Monde des A, Asimov, Huxley….

Toutes ces lectures de mondes utopiques qui me reviennent en mémoire.

Je m’emmitoufle de plus en plus dans mon cocon, le cocooning absolu. La retraite que je vis en ce moment me satisfait au plus haut point.

Je me rappelle cette nouvelle de sci-fi lue il y a très longtemps. Un musicien vivant seul dans sa maison ultra équipée un peu comme Houellebecq nous le raconte dans « La possibilité d’une île ».

Sonnons l’alarme.

Comme me le disait un bon ami:  »En ce moment nous vivons sereinement notre propre marche funèbre. »

Soyons optimistes, nous finirons tous claquemurés chacun dans nos cubicules. Pourquoi?

Primo:

 Parce que toute vie à l’extérieur sera devenue impossible pendant que l’on essaiera de purifier la planète de tous les dégâts que notre civilisation a infligés à la nature. 

Il faudra sortir la race humaine de l’écosystème. Nous en avons eu un avant-goût avec les périodes de confinements durant la pandémie.

Baisse des GES, on a vu renards, coyotes et autre mammifères arpenter nos rues en toute quiétude lors des semaines de couvre-feu. Nous avons cru que les oiseaux étaient plus nombreux. Pas vraiment leurs ramages étaient étouffés par les bruits de la circulation automobile.

Mesdames et messieurs, pour le bien de la planète, préparez-vous à vous encabaner seuls ou en groupe, de gré ou de force. Même les adeptes de la liberté absolue, n’auront plus le droit à l’air libre.

Secundo:

L’enfermement agira comme une sélection naturelle. Ceux ou celles assez  équilibrés pour subsister à cet internement deviendront les dominants de ce monde futur.

D’ailleurs les bien nantis, s’y préparent déjà en s’achetant des propriétés isolées et protégées des éléments. Ils pourront y vivre en complète autarcie. Encore eux qui se gardent les premières places.

Tertio:

L’inconnue dans l’équation: l’IA.

L’intelligence artificielle: la nouvelle messie sauvant le monde. (le dictionnaire donne le masculin pour messie, mais il y a un e muet. Je me donne le droit de le féminiser.)

Si les robots parviennent à sauver la planète, voudront-ils  que le bacille homo sapiens la contamine à nouveau?

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Titre de la pièce, très à-propos: Eyes Shut. (Yeux fermés) Olafur Arnalds et Alice Sarah Ott.

J’essaie d’apprendre la partie piano. Cela semble facile, que non. Le talent c’est de donner cette impression.

Texte © Jacques Grégoire Tous droits réservés.

Publié par : Jacques Grégoire | 2022/04/13

Le printemps se fait attendre

Un Écureuil ne fait pas le printemps
Duplex prêts à occuper

Nous approchons de la mi-avril et très peu de bourgeons qui se pointent.

Faudrait détourner le Gulf Stream pour nous réchauffer

Et faire un pied de nez aux européens

Qui à leur tour ne pourront en avril se découvrir d’un fil.

Photos de mon voisinage, captées lors de mes marches de santé.

Canon Rebel EOS, objectif 17-85mm

Texte et Photos © Jacques Grégoire Tous droits réservés.

IMG_5905

La photo coiffant se texte vous montre trois cadeaux reçus de ma fille.

La plume fontaine, mon luxueux journal personnel et le meuble secrétaire.

Suis-je assez choyé de pouvoir m’adonner à l’écriture dans un si bel environnement.

Je fais partie de cette génération qui dut apprendre à écrire en lettres cursives.

Qui se souvient du transparent à glisser sous la feuille du cahier à doubles lignes pour donner la bonne inclinaison?

Sans oublier et là je trahis mon âge le porte plume avec son encrier.

Je ne souhaite pas ici un retour en arrière. Je n’ai pas la nostalgie des anciennes méthodes d’enseignement. Loin s’en faut, mais les différents ministères de d’éducation qui nous inondèrent de nouveaux programmes année après année ne firent qu’installer une culture de décrochage scolaire.

Tant pour les élèves que pour les enseignants.

Il semblerait que tout est fait pour que l’apprentissage soit le moins contraignant. On demande aux écoliers de développer leurs habilités demandant la logique, le rationnel. Mais cela c’est fait depuis des lustres au détriment de la créativité, de l’intuition. D’où le titre de cet article,

L’apprentissage de l’écriture permet de mieux développer le processus d’apprentissage.

Les extraits d’articles, plus bas, avec leurs liens vous éclaireront mieux que moi sur la problématique.

Extrait d’un article du site franco-canadien de The Conversation

Au-delà de la nostalgie pour l’âge pré-numérique, il y a de bonnes raisons de réintroduire l’écriture cursive à l’école. Ayant mené, avec d’autres experts, des études sur la corrélation entre écriture et littératie, j’ai découvert que le fait de développer sa maîtrise de l’écriture manuscrite, de façon à ce qu’elle devienne automatique, joue un rôle important dans la littératie. L’écriture, c’est également un élégant témoignage de l’aptitude humaine pour la littérature écrite, et un symbole inspirant de la force unique de la parole.

https://theconversation.com/voici-pourquoi-il-faut-reintroduire-lecriture-cursive-a-lecole-122348

 

Extrait du magazine web Next Impact. Datant de 2013 mais toujours pertinent.

En 1882, Friedrich Nietzsche acheta une machine à écrire, une « Malling-Hansen Writing Ball » pour être précis. Sa vue était en train de baisser, et rester concentré longtemps sur une page était devenu exténuant et douloureux, source de maux de tête fréquents et douloureux. Il fut forcé de moins écrire, et il eut peur de bientôt devoir abandonner. La machine à écrire l’a sauvé, au moins pour un temps. Une fois qu’il eut maîtrisé la frappe, il fut capable d’écrire les yeux fermés, utilisant uniquement le bout de ses doigts. Les mots pouvaient de nouveau couler de son esprit à la page.

Mais la machine eut un effet plus subtil sur son travail. Un des amis de Nietzsche, un compositeur, remarqua un changement dans son style d’écriture. Sa prose, déjà laconique, devint encore plus concise, plus télégraphique. « Peut-être que, grâce à ce nouvel instrument, tu vas même obtenir un nouveau langage », lui écrivit cet ami dans une lettre, notant que dans son propre travail ses « pensées sur la musique et le langage dépendaient souvent de la qualité de son stylo et du papier ».

« Tu as raison », répondit Nietzsche , « nos outils d’écriture participent à l’éclosion de nos pensées ». Sous l’emprise de la machine, écrit le spécialiste allemand des médias Friedrich A. Kittler, la prose de Nietzsche « est passée des arguments aux aphorismes, des pensées aux jeux de mots, de la rhétorique au style télégraphique ».

https://www.nextinpact.com/article/5123/78665-edito-lecriture-manuscrite-tire-t-elle-sa-reverence

Extrait d’un article du site Futura-Sciences.com

Ainsi, les chercheurs soutiennent que l’écriture manuscrite renforce ce qui est appris, mais que cet avantage n’a rien à voir avec la calligraphie« C’est que le simple fait d’écrire à la main fournit une expérience perceptivo-motrice qui unifie ce qui est appris sur les lettres (leurs formes, leurs sons et leurs plans moteurs), ce qui, à son tour, crée des connaissances plus riches et un apprentissage plus complet et véritable », expliquent les chercheursWiley and Rapp. Robert Wiley, l’auteur principal de l’étude et professeur à l’Université de Caroline du Nord à Greensboro précise qu’« avec l’écriture, vous obtenez une représentation plus forte dans votre esprit qui permet d’appréhender d’autres types de tâches qui n’impliquent en aucune façon l’écriture manuscrite ».

https://www.futura-sciences.com/sante/breves/cerveau-ecriture-manuscrite-ameliore-vos-facultes-apprentissage-votre-memoire-4759/

Extrait d’un texte de chercheurs français d’Aix en Provence.

De la plume au clavier :
Est-il toujours utile d’enseigner l’écriture manuscrite ?

Les caractères ne sont pas des objets mais ce sont des signes qui sont étroitement et
spécifiquement associés aux mouvements qui permettent de les former. De ce point de vue,
les symboles les plus pertinents sont probablement les idéogrammes chinois ou japonais, qui
sont très nombreux et visuellement complexes. Les traits composant chaque idéogramme
doivent être écrits dans un ordre précis et rigoureusement codifié. Savoir lire les idéogrammes
‘kanji’ demande aux jeunes japonais de nombreuses années d’apprentissage, au cours
desquelles la méthode utilisée pour les mémoriser est l’écriture très répétitive sur le papier ou
même avec le doigt, sur la table ou dans l’ air.

Jean-Luc Velay(1), Marieke Longcamp(1) & Marie-Thérèse Zerbato-Poudou(2)
(1) Institut de Neurosciences Cognitives de la Méditerranée (CNRS UMR 6193),
31 chemin Joseph Aiguier, 13402 Marseille cedex 20
(2) IUFM, Université de Provence, 63 La Canebière 13001 Marseille

© Jacques Grégoire

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