Hier soir, lors de ma pratique au piano, s’est invitée sous ma main gauche une série d’accords en ré mineur. Le premier dictant la descente à suivre. Ce matin dès après le petit déjeuner le rappel de ce premier accord fut plus fort que tout. Oui, le ton est en mode mineur mais il reflète la joie tranquille de ce début d’été. Il y eut aussi hier une promenade sous le ramage de mes petits chanteurs à plumes, tout en trilles et gazouillis. Lectures sur mon balcon avec une légère brise. Souvent assoupi, rêveries à la boutonnière. Que du bonheur aussi senti qu’éphémère. Je crois que cette impro illustre un tant soit peu ma perception de cette belle journée d’été.
Captures d’écran Promenade début juin. Application Merlin: enregistre nos amis « oizos »
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Je ne me souviens pas de la date exacte de mon dernier article. Quand c’est pour le passé proche je ne me fais pas de souci. Celui quasi immédiat me laisse souvent pantois.
Pas ces occasions où l’on oublie ce que nous allions faire quand on va d’une pièce à l’autre dans la maison. Ou encore le nom d’un artiste qu’on ne replace pas mais dont on se rappelle les oeuvres, ses enfants ou la conjointe. Mes appréhensions ces dernières semaines allèrent vers cette mémoire qui doit apprendre, se rappeler.
J’ai potassé depuis la fin de l’hiver une pièce de Sibelius, étude #76. Que la première page, c’est amplement pour mes aptitudes. Cet exercice devait, comme bien d’autres avant, prendre un temps relativement court. Deux à trois semaines, pour me mettre le morceau ou l’extrait au bout des doigts et par coeur. Que nenni! En ce moment même si je divisais la partition en plusieurs segments, j’avais beaucoup de difficultés à retenir et faire le lien entre ces parties. La lecture à vue se passait bien mais rien ne semblait bien s’imprimer dans ma mémoire. Je me suis demandé dès lors si ma capacité à mémoriser déclinait.
Pour tester cette mémoire quasi défaillante, j’ai fait un retour vers des pièces non jouées depuis un certain temps. Ça me revenait assez rapidement. Mais elles avaient été apprises il ya plus ou moins longtemps. Comme si le passé devenait garant de mon présent.
J’ai fait mes recherches auprès de nos amis, cyborg-de-la-pensée. Je n’en nomme aucun, je me demande s’ils en sont rendus à s’offusquer de nos craintes à leur égard. Premier constat, mon hygiène cérébrale grâce à la musique entre autres semble normale. Après rendez-vous avec ma doc et ma pharmacienne, les suppléments en vitamines comme B6 ou B12 ne sont pas une nécessité tout comme ces exercices qui amélioreraient mon acuité mnémotechnique. Les deux m’ont fait part surtout du facteur temps, tout cela est normal à mon âge. Hé oui! Me voici rendu à la dernière année où l’on peut lire les albums de Tintin, limite que je vais quand même outrepasser.
Toutes ces craintes furent surtout causées par mes difficultés au piano. Elles s’y révélèrent aussi au bout des doigts. Les morceaux que j’apprends demandent des doigtés nouveaux. Les deux mains devinrent rébarbatives à ces apprentissages, même à me demander si l’arthrose s’invitait. Mais non! Juste des techniques que je ne possède pas. Je ne me dompte pas. Je me demande toujours si vieillir serait une création de l’esprit. Ce sera encore et toujours: « Cent fois sur la partition il faut revenir. » Vous trouverez plus bas mon impro matinale obsessionnelle celle-là. Ce cher Sibelius qui ne cesse de s’inviter.
Vous dire aussi que j’ai pris beaucoup de temps à meubler ma solitude de lectures, d’écoutes musicales, quelques promenades dans mon sentier préféré à écouter la ribambelle d’oiseaux printaniers. Il y a eu aussi les préparatifs pour le camping quand le beau temps durera au moins deux jours d’affilée. L’été est à nos portes et je compte en profiter.
Un de ces dimanches matin où tout résonne, mais pas comme les cloches dominicales appelant les croyants. Tout vibre autour de moi ou est-ce le contraire, un frémissement émanant de mon senti immédiat, ici ou là, savourant les beautés et les joies de ces moments présents vécus, d’hier à aujourd’hui. Je suis toujours aussi interloqué, ébaroui devant ma ligne de temps qui se rétrécie, se magnifie. D’une micro seconde au sentiment de grande plénitude me guidant vers mon bonheur tranquille, une sérénité tout en émotion.
Allons voir si mon impro matinale sera au diapason.
Elle le fut. Influencée par mes pratiques et recherches récentes comme pour Sibelius ou Adler. Toutes mes improvisations s’accompagnent d’hésitations ou de « croche-pieds » manqués. Le but premier d’une pratique.
Clavier: Yamaha MX88, Mellow Grand
Enregistrement et mastering: Sonar Cakewalk de BandLab.
Nous sommes le 3 mai, je viens juste de prendre cette photo
Les bourgeons commencent à peine à débourrer aux arbres. Notre mois de mai ressemble au mois d’avril d’outre atlantique. Pour faire un lien au dessus de la grande mare. Marc André Hamelin jouant « En avril à Paris » de Trenet version d’Alexis Wiessenberg, partition qu’il a notée à partir d’un enregistrement.