Publié par : Jacques Grégoire | 2010/05/09

Mimétisme, hommage ou faiblesse

Est-ce que je m’identifie trop aux textes que je lis?  Jusqu’à ne plus pouvoir me supporter comme le dit Chantal Guy dans son article que vous trouverez plus bas..

J’ai choisi mes lectures pour l’été qui vient, Jacques Ferron. J’ai très peu lu d’auteurs  québécois. Selon VLB Ferron est dans son top trois ou cinq…. Parlant de VLB , Don Quichotte de la démanche.

Aussi quelques anthologies de poésies dénichées chez ces libraires ou bouquinistes. Pour trouver des textes à mettre en chanson???

Il y aura peut-être  Candide de Voltaire. Pour avoir l’air sérieux et de donner l’impression d’avoir terminé mes humanités.

Voilà ! Je me prends déjà pour quelqu’un d’autre.

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Article de Chantal Guy, La Presse.

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/chantal-guy/201005/07/01-4278068-zelig-version-litteraire.php

Chantal Guy

Zelig, version littéraire


Parfois, j’envie ceux qui ont moins de cinq écrivains dans leur firmament. Ou qui sont installés dans un siècle à demeure. Je les imagine se mouvoir dans le monde vêtus d’habits seyants, privilégiant un style qui les définit totalement. Quand on lit de tout, peut-on se perdre dans ce tout, comme dans un vêtement trop grand?

Il me semble que les lecteurs boulimiques sont à risque de subir le syndrome de Zelig. Vous savez, ce personnage de Woody Allen, caméléon, qui prend les couleurs et les idées de son interlocuteur? Je me sens souvent comme Zelig quand je prends un bain de foule d’écrivains. Quand je mêle la lecture pour le travail, la lecture pour être au courant, la lecture pour suivre la mode, la lecture pour parfaire ma culture et la lecture pour mon plaisir. Par exemple, pendant un bout de temps, je ne jure que par les contemporains, voulant sauter dans le train en marche, en me disant que de toute façon, ils sont la somme des autres; à d’autres moments, j’aurais envie de fuir loin de la société à la campagne, tourner le dos au monde et à ses bruits, pour ne me consacrer qu’aux chefs-d’oeuvre, puisque «tout a déjà été écrit». J.R.R. Tolkien considérait d’ailleurs que la littérature, la vraie, s’était arrêtée en l’an 1000…

Et puis, il y a cette nouvelle étude de chercheurs, annoncée dans Le Monde, qui soutient que «la littérature complexe développe nos capacités d’abstractions». «Nous partons du principe qu’il y a une différence entre la lecture d’auteurs comme Marcel Proust ou Henri James et celle d’un journal, qu’il existe un bénéfice cognitif à lire de la littérature complexe», dit l’écrivain Michel Holquist, directeur de cette recherche. Pourquoi s’abîmer en lectures simplistes, alors? Voilà qui donne une bonne excuse pour être élitiste: «C’est pour ma santé cognitive!»

Ah! Comme le quotidien de celui qui lit toujours les mêmes écrivains doit être rassurant! Il a trouvé son monde, ses amis, ses convictions, et chaque fois qu’il ouvre un livre, c’est pour rentrer chez lui, assuré d’être tous les jours en bonne compagnie.

Est-ce que l’esprit ou la personnalité se désagrège à force de dispersions? Le Zelig littéraire, s’il passe trop de temps chez les souffreteux, les âmes sombres et les dépressifs, le devient. S’il fréquente trop longtemps les décadents et les bohèmes, cela peut représenter un danger pour sa santé, plus particulièrement pour son foie. S’il s’en tient aux romantiques, il sera incapable de survivre dans la jungle amoureuse d’aujourd’hui. S’il se jette trop passionnément dans la pensée d’un philosophe, il peut devenir infréquentable, surtout s’il estime être un Surhomme. S’il fait tout cela en quelques années, il aura de la difficulté à se supporter lui-même. Le mimétisme est une forme d’hommage tout autant qu’une faiblesse. C’est parce qu’on ne sait pas vraiment qui on est qu’on veut devenir quelqu’un d’autre. Alors que faire de la sentence «deviens qui tu es» ?

Lire, qu’on le veuille ou pas, nous transforme. Sinon, cette activité n’aurait aucun intérêt. Les livres qui ne nous transforment pas sont précisément ceux qu’on oublie, ce qui nous renvoie au vide de ces heures perdues à les lire pour rien. Mais s’ils nous transforment, peuvent-ils aussi nous déformer?

Ce signet est d’ailleurs le fruit d’une période de dispersion et, pour paraphraser Borges, je ne sais trop qui a écrit ces lignes…

Publié par : Jacques Grégoire | 2010/05/02

Une langue qui fuit par en avant

Je mets mon grain de sel. (texte à corriger)

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Dans une autre  vie, je fis parti du corps enseignant, début des années 70.

A la rentrée d’une année scolaire, nous pouvions demander à nos élèves ,  presqu’écoliers, ce  qu’ils  souhaitaient pour devenir  ces bons élèves.

Pour la plupart aussi  se  souhaitant d’être des étudiants.  Études post-secondaires comme on le dit aujourd’hui.

UNANIMEMENT: Ils choisirent des dictées, devoirs et exercices obligatoires.

Je ne comprenais pas et je n’étais pas le seul.  Il fut choisi des voies qui me surprirent et encore aujourd’hui.

Et combien judicieuse fut leur décision. S’accaparer le plus vite possible du  véritable choix: la LIBERTÉ.

Nous ne pouvions que les écouter…. Leur sentier: la langue maternelle.

J’oubliais, j’enseignais l’anglais. Nous  comprîmes  très vite que la meilleure façon d’apprendre une autre langue:  il fallait connaître la sienne.

Hé!  Coi…..!     Encore !!!!!

Il vous faut maintenant faire la différence entre: écolier, élève et étudiant. Autant que la maîtresse, l’ enseignant(e), le ou la   professeur(e).

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Article de Jean Larose  du journal  Le Devoir,  pour lire les commentaires, cliquez sur le lien

http://www.ledevoir.com/culture/livres/288079/le-mensonge-national-des-quebecois

Le mensonge national des Québécois

Jean Larose 1 mai 2010  Livres
Une enseignante de français au secondaire me raconte l’enfer où elle travaille: «C’est pas qu’ils font des devoirs bourrés de fautes. Ils ne les font pas, tout simplement. Avoir zéro, redoubler, ils s’en fichent.» Un élève, qu’elle avait réprimandé durement, s’est jeté tête première contre un mur, pour se blesser et pouvoir ensuite l’accuser de l’avoir frappé. «Ma crisse, m’a t’avoir!»Indiscipline chronique, insultes, menaces, iPod et téléphone en classe — «on le confisque, mais le lendemain ils en ont un autre». Franche rigolade si elle leur parle de valeurs sociales, d’héritage culturel du Québec, de nécessité de maîtriser sa langue. Pire: certains parents, prévenus que leur enfant allait vers l’échec: «Je respecte son autonomie. C’est la vie qu’il a choisie.»Cette négligence criminelle (comment appeler autrement le fait de laisser un garçon de seize ans libre de rater sa vie?) est idéologique au Québec. Tout l’encourage et la justifie.On engage parfois de mes étudiants pour corriger les «examens du ministère». Ils en reviennent scandalisés par les pressions que les patrons ont exercées sur eux pour qu’ils ne voient pas ce qui crève les yeux, donnent la note de passage à des copies où il y a cinq fautes par phrase, pas une phrase française, pas deux phrases de suite articulées entre elles. «Est-ce qu’il y a une idée principale? Le nombre de mots obligatoire? Le mot x, le mot y ou le mot z? Oui? Note de passage.»«On pourra réduire la proportion du résultat de l’examen du ministère dans la note finale de l’étudiant à 0 % si ses résultats sont désastreux.» (La Presse, 21 mai 2009.) «On demande aux enseignants d’adapter les examens. Un élève qui serait en 6e année, mais du niveau de 4e année, devrait recevoir des examens de 4e année.»À l’Université de Montréal, même en lettres, en philosophie ou en sciences humaines, il n’y a pas 20 % des étudiants qui fassent moins de cinq fautes dans un texte de deux pages. Les échecs seraient si nombreux si on en tenait compte que les professeurs ferment les yeux. Pendant quelques années, on a laissé les étudiants qui ne savaient pas le français croire qu’ils méritaient leurs diplômes. Maintenant, l’université, la société, l’État même, ont fini par se le faire accroire. La supercherie arrange tout le monde. Ceux qui se destinent à l’enseignement auraient les plus mauvais résultats au test de français d’admission à l’université. Cela ne fait hurler personne.

Depuis Duplessis, le mensonge sur la qualité de notre français forme la base de l’idéologie nationale. L’échec c’est le succès, l’ignorance c’est la connaissance, bafouiller c’est parler. Officiellement, les Québécois aiment le français (c’est le plus gros mensonge national), il faut donc maquiller la réalité en son contraire. «Il s’est formé parmi nous, écrit Renaud Camus, une caste qu’on pourrait appeler celle des amis du désastre. Sa fonction paraît être soit de nier purement et simplement les évolutions fâcheuses, soit d’expliquer, lorsque c’est impossible, qu’elles sont loin d’être aussi fâcheuses qu’il y paraît.»

Non seulement une copie qui mériterait 20 % obtient la note de passage parce que le quartier défavorisé où vit son auteur permet de lui appliquer une miraculeuse pondération socioéconomique, mais encore il se trouvera toujours un menteur patenté pour affirmer qu’en fait, celui-ci sait son français.

Au fil des ans, l’argument change. À qui s’inquiète de la mutilation de la syntaxe ou de la pauvreté du vocabulaire, l’ami du désastre répond que ces maux sont des biens parce que — selon les époques — il faut au jeune Québécois une langue proche de son vécu (pédagogie nationaliste), l’orthographe est une valeur bourgeoise (égalitariste), les jeunes vivent dans un nouvel habitus culturel (contre-culturaliste), Internet change les modes d’apprentissage (futuriste) et donc… etc. Depuis la Révolution tranquille, l’histoire de ces raisons variées pour maquiller en succès un échec invariable est celle de notre lâche dérive loin de la souveraineté. L’excuse qui les réunit toutes et qui est comme l’emblème national du mensonge québécois, c’est qu’un échec en français compromettrait l’estime de soi de l’élève.

De même, en effet, le Québec se ment pour pouvoir continuer à s’aimer tel qu’il est. La souveraineté, c’était l’amour du pays tel qu’il allait devenir.

Les médias raffolent des amis du désastre parce qu’ils aggravent la confusion mentale qui est devenue leur élément. «Les amis du désastre exercent leurs talents, assez logiquement, dans les domaines où le désastre semble le plus manifeste et s’expose avec une évidence qu’eux s’ingénient précisément à présenter comme trompeuse. Il s’agit toujours d’établir, chiffres en main, statistiques à l’appui, que nous ne voyons pas ce que nous voyons, que nous n’entendons pas ce que nous entendons, que ce que nous croyons qui arrive n’arrive pas vraiment.» Ici, les sociologues étant devenus trop intellectuels pour les médias, on leur préfère désormais les spécialistes en communications ou les journalistes (on n’est jamais si bien trompé que par soi-même). Mais quelle que soit la discipline invoquée, la vérité corrigée et médiatisée est toujours que le niveau, en fait, monte, que le français est fort au Québec, que l’image traduit mieux la pensée que le verbe et que (ici, au choix, inscrire un paradoxe contre tout bon sens, le plus absurde sera le meilleur).

«Derrière l’amour qu’on porte aux gens tels qu’ils sont, il y a la haine de l’homme authentique» (Adorno). Les baby-boomers avaient tout reçu: français, histoire, littérature, sciences, politique. L’autonomie qu’ils donnent en retour aux générations suivantes n’est qu’une défaite pour ne rien savoir de leur propre négligence criminelle. Et puis, on remarque bien qu’eux-mêmes, ceux qui ferment les yeux, savent de moins en moins le français. Entre les torts des adultes et ceux des enfants, il s’opère une confusion dont profite la lâcheté nationale.

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Du sens dans ses rapports avec l’origine, le temps, l’histoire, l’étymologie, la morale, la culture, la littérature, l’éducation, la nationalité, l’immigration, «l’affaire Camus», etc.
Renaud Camus
P.O.L.
Paris, 2002, 400 pages

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Collaborateur du Devoir

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Publié par : Jacques Grégoire | 2010/04/09

CFRCK: Questionnement?

Je suis capable sur ce blog de pouvoir reconnaître comment on effectue une recherche pour trouver le lien menant à Mots Dits et Garde-Notes.

Soyez sans crainte, impossible de savoir qui vient cliquer.

Depuis quelques semaines la recherche CFRCK revient régulièrement.

Je suis curieux de savoir de qui il s’agit. J’aimerais échanger avec la ou les personnes qui s’intéressent à cette série et à la pièce musicale l’accompagnant.

Mon adresse courriel: gregoire_jac@videotron.ca

Merci de votre attention.

Publié par : Jacques Grégoire | 2010/04/09

Syndrome de la  »Cellule ».

Bien peu de temps ces derniers temps pour le blog et la musique.

Je viens d’emménager dans mon nouveau Garde-Notes. Un peu plus petit,  aussi bien éclairé et mettant fin à ma zoothérapie avec Tite-Mine dite  Bibelot, elle crèche maintenant chez ma fille et sa mère.

En réduisant la superficie de mon home, je me demande si je n’aurais pas le syndrome de la  »cellule ». Comme si je me sentais mieux dans un endroit confiné. J’aurais pu facilement survivre à un long emprisonnement.  Il m’aurait fallu cependant toute ma quincaillerie musicale et informatique.

Publié par : Jacques Grégoire | 2010/04/04

Votre péché capital préféré?

Si vous voulez connaître l’avis des principaux chroniqueurs de La Presse, sur les 7 péchés capitaux. Cliquez sur le lien suivant

http://www.cyberpresse.ca/actualites/201004/04/01-4267254-les-vii-peches-capitaux.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B42_acc-manchettes-dimanche_369233_accueil_POS1

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