
Je vous parle souvent de mon oreille relative. Celle qui est capable de reconnaître le ton dans lequel se joue une pièce. Oreille qui se rebiffe souvent si je dois l’interpréter dans une autre tonalité.
Il en est de même pour les sonorités d’instruments que me permet mon clavier-synthétiseur.
Je pratique en ce moment un vieux thème musical utilisé par la télé de Radio-Canada pour le générique d’entrée de l’émission CinéClub.
Nous sommes ici pendant les années cinquante et le début des années soixante. Dimanche en fin de soirée on nous présentait un choix de films reconnus comme des chefs-d’oeuvre et aussi comme on le dit aujourd’hui des « films d’auteurs ». Pensons à Bergman, Antonioni, Rossellini, DeSica, Goddard, Truffaut.
Évidemment c’était diffusé sur nos appareils en n&b. Tout comme la plupart de ces films d’ailleurs. Pour bien des gens de ma génération ce fut le premier contact avec le cinéma reconnu comme non commercial.
Mais revenons à mon synthétiseur-clavier et son choix d’instruments innombrables.
La pièce « True blue Heart » utilisée dans le générique se joue sur un piano honky-tonk, comme pour le rag time.
Me voici donc à concocter le meilleur choix de sons pour me rapprocher le plus possible de l’original.
Tout ne va pas très bien mme la marquise, ne pas oublier cette chère oreille qui n’est pas au diapason du son honky-tonk . Je n’ai pas compté le nombre de fois qu’il me fallut reprendre l’enregistrement. C’est le but premier de bien jouer de la musique, il faut pratiquer.
En terminant, le titre de cette pièce musicale au Québec prit le nom de l’émission: CinéClub. Tout bon pianiste à qui on demandait de la jouer, la connaissait sous ce vocable.
Lecture à vue presque mémorisée. Excusez les quelques notes fausses et hésitations.






